Cérémonie du 14 juillet – Discours de M. le Maire
Publié le 15 juillet 2022Jérôme DUBOST – Maire de Montivilliers
Allocution du 14 juillet 2022
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Monsieur le Vice-Président du Département,
Mesdames et Messieurs les élus municipaux,
Chers enfants du Conseil municipal des Enfants,
Messieurs les représentants de la Police nationale,
Monsieur le chef du centre d’incendie et de secours,
Mesdames, Messieurs les sapeurs-pompiers,
Messieurs les officiers et sous-officiers,
Mesdames et Messieurs les bénévoles de la Protection civile,
Mesdames et Messieurs les musiciens de la Batterie Fanfare de Montivilliers – Gonfreville l’Orcher,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’association
Chers amis,
Je suis particulièrement ravi de vous retrouver toutes et tous pour célébrer ensemble notre fête nationale, une célébration formelle à laquelle nous sommes attachés ici à Montivilliers, par esprit républicain, mais qui a débuté, comme il se doit dès hier, de manière festive et populaire. Permettez-moi ici de partager avec vous mes remerciements appuyés en direction de celles et ceux qui ont œuvré dans l’ombre pour la réussite de cette magnifique soirée du 13 juillet qui restera gravée dans nos mémoires de Montivillons.
Alors revenons maintenant au 14 juillet. Vous le savez et je le souligne chaque année, la date du 14 juillet, reste sans nul doute la date la plus célèbre de l’Histoire de France.
Le 14 juillet 1789 : la prise de la Bastille marque pour nous tous et pour bien d’autres dans le monde l’évènement fondateur de la Révolution française. Cette date rayonne bien au-delà de nos frontières, car elle marque la volonté d’émancipation d’un peuple, le refus de l’arbitraire, la volonté de ne plus être traité en sujets ou en valets, mais de devenir des citoyens libres et égaux.
Il s’agit donc de la fête de la Liberté et de l’Egalité en passant par la révolte légitime puis la Révolution. La Bastille, ses prisonniers et les lettres de cachet qui les y conduisaient symbolisaient l’insupportable arbitraire de la monarchie absolue.
Aujourd’hui encore, le verbe « embastiller » reste dans la langue française pour signifier non pas une incarcération mais bien l’arbitraire et le fait du Prince.
Le 14 juillet 1789, le peuple se soulève et fait acte de courage, fait face à la troupe pour défendre sa Représentation, l’aspiration à la citoyenneté et à l’Egalité qu’elle incarne.
Une date consensuelle car le 14 juillet commémore également la Fête de la Fédération organisée un an plus tard, aux Champs de Mars, le 14 juillet 1790. C’était la fête de la concorde et de l’unité nationale, choisie par l’Assemblée et par le commandant de la Fédération de la garde nationale de Paris, La Fayette.
Elle accueille les fédérés venus de toute la France, avec leur allégresse mais aussi leur serment : celui de « …demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité ».
Si la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 avait consacré la Liberté et l’Egalité, la Fraternité, complétait notre devise. Ce n’était alors pas encore la République mais déjà la citoyenneté.
Le 14 juillet : cette date n’a pas toujours été celle de la fête nationale. C’est la IIIème République qui l’instaure.
Ainsi la loi du 6 juillet 1880 a fait du 14 juillet notre fête nationale : la fête du peuple qui se constitue en citoyens pour défendre la Liberté et l’Egalité, la fête de l’unité dans la Fraternité.
Ce que nous célébrons aujourd’hui, c’est bien un peuple qui choisit de s’émanciper et de devenir maître de son destin en tant que citoyennes et citoyens, dans l’unité, l’égalité et le respect des différences.
Ce que nous célébrons aujourd’hui, c’est le choix de la démocratie.
Comme tous les 14 juillet, nous honorons fidèlement et avec respect celles et ceux qui sont morts pour défendre notre patrie et notre droit à être des citoyens. Nous nous souvenons, avec émotion, de l’Histoire et de tous ceux qui ont contribué à l’écrire, parfois de leur sang. Nous célébrons aussi, celles et ceux qui, au quotidien, s’engagent dans leurs missions à défendre l’intérêt général et le bien commun. Le dévouement des sapeurs-pompiers, mais aussi celui de toutes celles et ceux, agents publics, qui assurent notre sécurité. Je pense à nos forces de l’ordre, nos policiers et aussi à nos militaires engagés sur des opérations extérieures. Je pense à celles et ceux qui assurent l’éducation pour tous ou notre accès à la santé comme ici à Montivilliers, les agents de l’hôpital public Jacques Monod. Je pense enfin à celles et ceux, bénévoles, qui s’engagent dans la vie associative.
Nous ne devons pas oublier non plus, qu’après tant de lutte et de mobilisation citoyenne, d’engagement civique notre République est devenue une République sociale.
Alors ce 14 juillet 2022 reste à bien des égards inédit et empli d’inquiétudes. Car nous voyons à quel point les valeurs de cette République peuvent être remises en cause, ici, par petits bouts lorsqu’il s’agit de la solidarité. Mais aussi ailleurs lorsque la Paix et la Liberté des peuples est remise en cause. Nous voyons bien que la guerre remet en question la liberté de tous. Depuis le 24 février dernier, la liberté et la vie du peuple ukrainien sont attaquées et nous en souffrons toutes et tous. Moralement, concrètement aussi, par ses effets économiques. Une guerre qui risque également d’affamer des parties entières du globe.
Cela n’est pas le seul théâtre de Guerre où la liberté des peuples est menacée. Cela ne constitue pas le seul péril devant lequel nous devons trouver des réponses communes et fraternelles.
La Liberté, l’Egalité et la Fraternité, celles de femmes et d’hommes qui ne sombrent ni dans la peur ni dans l’indifférence mais qui affirment leur capacité et leur volonté commune à régler les défis communs, dans la concorde et la solidarité. Voilà ce que plus que jamais nous devons célébrer : notre engagement citoyen, notre conscience que chacun, à sa mesure, a un rôle à jouer.
Je parlais à l’instant de concorde et de solidarité. Si ces deux mots – ces deux valeurs – prennent tout leur sens, c’est bien au sein de la communauté des sapeurs-pompiers. C’est cette solidarité très forte qui existe entre chacun d’entre eux qui leur permet d’affronter les épreuves et de se mettre ainsi au service de la population. Tout au long de l’année, sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les sapeurs-pompiers répondent avec altruisme à la demande de leurs concitoyens, partout où leur présence est nécessaire. Chacun sait les risques qu’ils encourent lors de leurs différentes interventions. L’année écoulée en est l’illustration lors de cette pluie millénaire du 2 août dernier causant des ravages dans la rue Victor Lesueur et sur la Côte de la Belle Etoiler ou plus récemment, lors du terrible incendie de cette belle maison dite « Santoire » rue René Coty.
Messieurs-Mesdames les sapeurs-pompiers, les grades et insignes que nous venons de vous remettre témoignent de notre reconnaissance pour votre engagement et votre bravoure.
Qu’il me soit permis en ma qualité de Maire de la Ville et de Conseiller Départemental de la Seine-Maritime de vous adresser un grand merci.
La Liberté reste sans cesse à défendre. Et plus encore aujourd’hui car nous savons que les crises s’accompagnent des tentations de repli et de recul des libertés.
L’Egalité est toujours à conquérir. Les conséquences économiques de cette crise frappent d’abord les plus précaires ainsi que les conquêtes les plus récentes en matière d’égalité.
Et la Fraternité reste toujours à faire vivre. Elle fonde toutes les solidarités conquises dans le cadre d’une République devenue sociale.
Là encore, n’oublions jamais que le coût du manque de fraternité, de l’oubli de l’Egalité et de l’absence de Liberté est et sera toujours plus élevé que celui que nous voulons bien consentir pour mettre en œuvre ces valeurs et les traduire, chacun, en actes.
Alors nous voyons, nous pouvons nommer de nombreux ennemis de ces valeurs essentielles qui nous fondent en tant que Nation et qui fondent la paix civile. Mais n’oublions jamais que le pire ennemi reste l’indifférence.
Nous avons toujours besoin, et peut-être plus que jamais besoin, de la participation active des citoyens pour ancrer dans la réalité ces valeurs issues de la Révolution et inscrites au fronton de nos mairies et de nos écoles.
Liberté, Egalité, Fraternité, notre devise forme un projet que chaque génération de citoyens est appelée à faire fructifier, à faire avancer.
Célébrons notre citoyenneté et donc notre volonté de prendre notre part de responsabilité pour poursuivre l’œuvre de nos aînés, les glorieux comme les humbles et les modestes, pour faire face aux épreuves.
En cette journée ensoleillée, ici à Montivilliers, je fais miens les propos du Président François Mitterrand, « Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop ».
Pour conclure, le 14 juillet, c’est aussi la manifestation consciente de ne pas subir mais de construire ensemble.
C’est là le sens de notre fête nationale. Celle de nos valeurs fondamentales comme celle de nos actions quotidiennes pour incarner ces valeurs, parfois par de grandes choses mais le plus souvent par des actes simples et qui peuvent paraître anodins. Ils sont pourtant essentiels pour que vive la Liberté, pour que vive l’Egalité, pour que vive la Fraternité.
Vive Montivilliers !
Vive la République !
Vive la France !
Je vous remercie.